LES RYTHMES DIGITALES - Dark Dancer

Voilà ce qui vous traverse le bulbe en écoutant les premières notes de DarkDancer. C'est vrai qu'il y a longtemps que nos oreilles ont quitté les synthés et les boites à rythmes des 80's. Et les retrouvailles sont plutôt froides. Ne nous y trompons pas pourtant. Il s'agit du nouvel album de Les Rythmes Digitales et pas de l'ultime chronique nécrologique estampillée Best Of. Le disque de l'anglais Jacques Lu Cont est profondément enraciné, certes, mais il respire l'air du temps.

Il y avait déjà des lustres qu'on piétinait d'impatience en imaginant ce qui allait bien pouvoir venir après Libération, album a l'inventivité débordante sorti en 1996. De toute façon, DarkDancer a déjà justifié cette attente en balayant la tentation d'être un clone allégé du premier. Et à l'instar du dernier Beck, son décalage marqué vient bousculer nos préjugés en nous proposant une interprétation originale.
Il est amusant d'ailleurs de constater que les deux bidouilleurs aient fait le choix d'une grande cohérence dans leurs derniers LP respectifs. En effet, au métissage extrême de ses premières productions sur le label Wall Of Sound, Les Rythmes Digitales oppose aujourd'hui, une fidélité étonnante au concept dominant de cet album. Après tout, c'est peut être le seul moyen de revendiquer ce choix sans qu'il ne soit uniquement perçu de façon ironique. En tout cas, le résultat est digne d'un grand film de genre.

Dans ses conditions, il va de soit que les synthés soient omniprésents sur ce disque. Ainsi, ils contribuent autant au final inquiétant et magnifique de Damaged People , qu'à l'ambiance festive qui se dégage de From : Disco to : Disco . On les retrouve même dans la version, à peine retouchée, de Jacques your body (un titre sorti en trait d'union entre les deux albums) qui fera remuer les plus sceptiques.
Les voix, quasi absentes dans Libération, sont également un élément moteur de DarkDancer. Elles sont utilisées partout : comme onomatopées rythmiques dans About Funk ou encore plus classiquement dans Sometimes, une envoûtante pop-song devant laquelle les puristes resteront bouche bée par l'apparition de Nik Kershaw (photo).

On aimera ou pas cet album mais il est sûr que reviendra le temps où l'on guettera le nouveau titre de Les Rythmes Digitales en se demandant se que l'on va trouver à l'intérieur.

Quelqu'un peut appuyer sur repeat avant de partir ?


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